Témoignage d’une collègue enseignante:

« Dépression… Burn out… surmenage… questionnement sur le métier.

Je viens de passer mon 59ème anniversaire à la clinique Ker Yonnec, premier arrêt depuis le début de ma carrière qui se termine bientôt !

Aucun mérite, je n’ai jusqu’ici jamais été malade.

J’enseigne en CLIS depuis la création de celle-ci. Je m’y suis installée, j’y ai trouvée mon bonheur malgré les difficultés passées.

Depuis septembre, la CLIS est passée en mode ULIS avec toutes les modifications que cela entraine.

Jour après Jour j’ai réalisé qu’il me fallait faire le deuil de différentes matières telles que l’art plastique, le sport, la piscine, le jardin la cuisine, les visites d’expo qui me servaient de point d’ancrage pour les apprentissages.

Je constate qu’il ne me reste finalement que les matières dites principales maths et lecture avec de petits groupes.  En parallèle l’arrivée début septembre d’un enfant autiste de 6 ans à peine, sans aucun préalable, a fait que je ne suis pas retournée en classe à la rentrée de février. Cet enfant arrive sans aucun suivi  après un très court passage en maternelle.

Il a fallu gérer au mieux la crise, les crises de l’enfant et de la famille avec des adaptations dans l’urgence. Aller tous les matins en classe un peu à reculons en souhaitant son absence. Y faire du « bricolage pédagogique », s’ajuster aux colères, aux cris, au timer pendant 1h30 en tentant de faire de la socialisation avec trois ou quatre élèves, un AVS et une éducatrice (UGECAM) présente un jour sur deux et rester l’AUTORITE… (sur les conseils de mon supérieur) au milieu de ce groupe hétéroclite : c’est perturbant et insatisfaisant.

« Mme… vous êtes fonctionnaire… vous devez fonctionner », me dit mon inspecteur après être allé au domicile de l’enfant… «  Calmer le jeu » suite à un courrier d’un avocat et ce sans passer par l’école.

Je me suis arrêtée sur les conseils de mon médecin. Pas glorieux et culpabilisant lorsque l’on sait que le problème reste entier, et devra être repris par une remplaçante non spécialisée. Culpabilisant aussi de laisser les collègues assumer.

Voilà mon état d’âme aujourd’hui.

Il m’a semblé après longue réflexion (ici j’ai le temps…) qu’il était de mon devoir  de ne pas laisser sou silence cette situation. »

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